Astronomie dans l'Égypte antique
09/08/2012 15:34 par Nefertari
Pour les Égyptiens de l'antiquité, l’aspect du ciel a toujours revêtu une signification mythologique, religieuse et symbolique. Toutefois, les observations astronomiques n'avaient pas une finalité astrologique aussi prononcée dans la civilisation égyptienne qu’en Mésopotamie.
La nuit commençait avec le crépuscule et se terminait avec le lever du Soleil. Les douze étoiles servant à la division de la nuit en heures étaient associées aux « douze gardiens du ciel » censés accompagner les pharaons défunts dans leur voyage nocturne avec Rê, la divinité solaire. Contrairement à leur importance dans les décans du zodiaque, les constellations ne jouent pratiquement aucun rôle ici. La plus ancienne représentation du ciel étoilé a été retrouvée peinte sur la planche inférieure d'un cercueil d’Assiout et datant de la première période intermédiaire égyptienne2.
Les principes astronomiques sont aussi à l'œuvre dans la disposition des bâtiments sacrés, notamment celle des pyramides. Mais rien ne nous a été transmis des méthodes utilisées, et les avis sont partagés.
À l'époque romaine, Clément d'Alexandrie, dans un écrit, donne une idée de l'importance des observations astronomiques associées aux rites sacrés.
De rares documents nous permettent d'appréhender les sciences égyptiennes, plus particulièrement en ce qui concerne la médecine et les mathématiques. L'astronomie égyptienne a pu bénéficier d'une meilleure attention eu égard aux nombreux monuments témoignant de rites funéraires associés à la position des étoiles. Pourtant, cette profusion de documents astrologiques, bien que dévoilant certains aspects complexes de l'astronomie égyptienne, ne permet pas, de par leur rôle strictement religieux, de conclure quant à l'étendue et aux lacunes de leurs connaissances.
De manière générale, si la topographie du terrain d'implantation le permettait, les édifices religieux du Nouvel Empire étaient orientés vers le Nil. Mais il arrivait quelquefois que le culte ait des exigences supplémentaires en introduisant des évènements célestes dans le langage architectural.
Une horloge stellaire égyptienne est une représentation structurée et complexe de données astronomiques, emprunte de mythologie et élaborée par les prêtres-astronomes de l'Égypte antique. Il existe différents types d'horloges stellaires telles que les horloges décanales ou les horloges stellaires ramessides.
Les premières horloges stellaires connues datent de la première période intermédiaire et figurent sur une vingtaine de sarcophages de haut dignitaires égyptiens.
La découverte de ces horloges dans des monuments à vocation strictement funéraire ne permet pas de conclure à une destination autre qu'à l'accomplissement de rites religieux. Une utilisation plus pratique voire scientifique, si tant est que ce dernier mot ait un sens en Égypte antique, serait en l'état de nos connaissances, conjecturale.
Les plus anciennes horloges stellaires décrivent une division de la nuit en douze heures, heures de durées variables, à l'aide de trente-six décans. Ces décans sont définis à l'aide du calendrier civil de 365 jours et représentent chacun une portion du ciel (une étoile ou un groupe d'étoiles) pour chaque heure de la nuit. les horloges stellaires détaillent les levers héliaques des décans pour chaque heure de la nuit et pour chaque décade de l'année, ainsi que les fêtes associées et constituent en quelques sortes une sorte d'éphémérides mais où les planètes ne prennent aucune place.
Les horloges de type ramesside sont postérieures de quelque 500 ans et différentes de celles évoquées ci-dessus. Toujours basées sur l'observation des décans, elles indiquent leur culmination ou leur transit en chaque heure de la nuit, à compter de la première heure. Une clepsydre était donc nécessaire pour l'élaboration mais également pour la lecture.
Les horloges stellaires ramessides comptaient vingt-quatre tables pour une année entière et, à l'exception de Sirius, les décans observés étaient différents de ceux d'une horloge de la première période intermédiaire.
Le temple sud d'Abou Simbel représente l'exemple le plus célèbre d'une mise en scène « astronomico-religieuse ». Afin d'affirmer sa directe apparition en tant que soleil, Ramsès II fit édifier un speos flanqué en façade de quatre colosses de vingt mètres de hauteur, orienté vers l'est, afin que deux fois par an les rayons régénérateurs de l'astre diurne illuminent le saints-des-saints, c'est-à-dire le sanctuaire du temple.
C'est plus précisément le 20 février et le 20 octobre, au lever du soleil, que s'accomplit cet évènement précis. Les statues représentent Ptah, Rê-Horakhty, Ramsès II et Amon-Rê. Seul Ptah, dieu chthonien, reste dans l'obscurité lors de l'évènement. Cependant, la lecture ne s'arrête pas là puisqu'au cours de deux périodes de l'année, ce sont les statues osiriaques de la « salle-cour » qui reçoivent une à une les rayons du soleil levant. Ces périodes sont celles du 10 janvier au 30 mars et du 10 septembre au 30 novembre.
Les architectes égyptiens avaient donc savamment étudiés le plan du temple rupestre afin de fixer dans la roche ces instants primordiaux à un culte dont la signification précise est oubliée.
Les premières grandes pyramides à faces lisses ont la propriété d'être orientées suivant les quatre points cardinaux. Le record de la précision est obtenue à la pyramide de Khéops avec une erreur minimale de 3'. Cette performance fut obtenue avec des moyens très rudimentaires. Le but à atteindre était de déterminer la direction du nord géographique. Pour ce faire, une méthode simple a été envisagée : les Égyptiens visaient une étoile dans le nord et divisait l'angle formé par sa position au lever, la position de l'observateur et la position de l'astre au coucher. L'observateur, situé au centre d'un enclos circulaire, utilisait deux instruments de visée appelés le bay et le merkhet dont on a retrouvé deux exemplaires.
C'est l'orientation des monuments qui témoigne aujourd'hui, plus que les rares documents dont on dispose, du savoir astronomique des anciens Égyptiens.
L'entrée de toutes les pyramides étaient situées sur la face nord (à l'exception de la pyramide rhomboïdale possédant une seconde entrée à l'ouest). Celle-ci permettait à l'âme du défunt de s'orienter vers la région polaire du ciel. Les égyptiens nommaient d'ailleurs les étoiles circumpolaires, les impérissables, puisque celles-ci restaient visibles toute la nuit, ne descendant jamais sous l'horizon.
Quelques auteurs avancent diverses hypothèses impliquant d'autres données astronomiques et qu'il est impossible de vérifier, les éléments archéologiques faisant défauts. La plus connue et la plus relayée par la presse est la supposée corrélation d'Orion, faisant du groupe de Gizeh, un plan unique dont le dessein était de représenter la ceinture de la constellation d'Orion, constellation très importante aux yeux des égyptiens. Ce serait négliger les faits historiques. De Khéops àMykérinos, cinq souverains se sont succédé dans des contextes mêlant rivalités et convoitises. Il serait très étonnant que les troubles de l'histoire n'aurait eu aucun impact sur un projet planifié sous le premier de ces pharaons, c'est-à-dire Khéops. De plus, l'analyse de chaque pyramide dévoile que chacune a connu de multiples changements de plans, dans sa structure interne et/ou au niveau de l'implantation au sol. Un projet unique semble, dès lors, peu concevable.
L'original du zodiaque de Dendérah, redécouvert par le général français Desaix, de l'expédition d'Égypte et apporté en France par Lelorrain en 1821, est exposé au musée du Louvre. Il était à l'origine au plafond d'une chapelle dédiée à Osiris élevée sur le toit du temple d'Hathor à Dendérah qui fut commencé sous les derniers Ptolémées, et dont le pronaos fut ajouté lors du règne de l'empereur Tibère.
Le calendrier de l'Égypte antique, (également appelé calendrier nilotique) était axé sur les fluctuations annuelles du Nil et avait comme but premier la régulation des travaux agricoles au cours de l'année. Les Égyptiens définissaient d'ailleurs l'année comme « le temps nécessaire pour une récolte » et le hiéroglyphe qui la désigne est une jeune pousse avec un bourgeon (renpet). Le calendrier égyptien était basé sur les cycles lunaires (à peu près trente jours) et la récurrence annuelle du lever héliaque de Sirius, vers le 19 juillet de notre calendrier. L'année était divisée en trois saisons en fonction de la crue du Nil et de son impact sur l'environnement :
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Akhet (Akhit) « Inondation » (3ḫt)
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Peret (Perit) « Émergence (des terres) » (prt, décrue du Nil, germination, saison fraîche) |
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Chemou (Shemou) « Chaleur » (šmw, été, saison des récoltes et de leur taxation) |
Chaque saison comprenait quatre mois de trente jours chacun. Les cinq jours restants (six à partir de l'époque romaine) étaient appelés jours additionnels ou épagomènes. Ils étaient ajoutés à la fin du calendrier, entre le dernier jour de la saison Shemou et le premier jour de la saison Akhet. Les jours épagomènes étaient considérés comme jours de naissance des grands dieux d’État qu'étaient, dans l'ordre, Osiris, Horus l'Ancien, Seth, Isis et Nephthys. Chaque mois était découpé en trois périodes de dix jours, les décades. Les journées avaient une durée de vingt-quatre heures.
L'année de la création de ce calendrier, le premier jour de la saison Akhet correspondait approximativement au début de l’inondation. Pour les Égyptiens, la montée des eaux était un événement majeur à plus d’un titre : d’une part, elle mettait fin à la saison sèche, et d’autre part, de son importance dépendait la qualité des récoltes, une crue trop faible pouvant entraîner une famine alors qu'une crue trop forte pouvait causer des inondations dévastatrices. La montée des eaux intervenait peu de temps après le lever héliaque de l'étoile Sothis (Sirius) dans le ciel égyptien. L'apparition de l'étoile constituait un repère indispensable au paysan égyptien, qui ne pouvait se fier au calendrier civil en raison d’un décalage de plus en plus important entre l’année civile de 365 jours et l’année solaire, année de 365 jours et 6 heures à peu près. Ce décalage était d’environ un jour tous les quatre ans. Cependant, après 1460 ans, il y avait de nouveau concordance entre les calendriers civil et solaire, le lever héliaque de Sothis coïncidant de nouveau avec le premier jour de la saison Akhet. Cette période de 1460 ans est appelée période sothiaque par les astronomes ; elle permet d’établir la chronologie de l’histoire pharaonique, car les Égyptiens ignoraient les dates absolues.
Avant même l'époque où, grâce à Champollion, on a pu lire les hiéroglyphes, on connaissait l'existence de cette période de 1460 ans :
Par la suite, on a pu relever cette période sur d'autres documents :
Bien qu'ayant abandonné très tôt leur calendrier astronomique pour un calendrier civil, les Égyptiens ne s'étaient pas pour autant désintéressés de l'astronomie, bien au contraire. On leur doit notamment les plus anciennes cartes du ciel connues et l'on sait qu'ils avaient une connaissance approfondie des phénomènes astronomiques, connaissance basée sur l'observation quotidienne et méthodique des astres.
Les astronomes grecs empruntèrent leur calendrier civil aux Égyptiens et, avec quelques modifications, il fut utilisé jusqu'à la fin du Moyen Âge.
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SAISON
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MOIS
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NOM
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REPRÉSENTATION
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Akhet
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1
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Thot |
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2
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Phaophi |
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3
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Athyr |
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4
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Khoiak |
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Péret
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1
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Tybi |
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2
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Mekhir |
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3
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Phamenoth |
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4
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Pharmouthi |
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Chémou*
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1
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Pakhon |
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2
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Payni |
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3
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Epiph |
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4
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Mesorê |
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Ahmès-Néfertari I (ou Ahmose-Néfertari) est une Reine d'Égypte de la XVIIIe dynastie. Elle est la fille du Roi Séqénenrê (ou Taâ II, 1558-1554, XVIIe dynastie) et de la Reine Iâh-Hotep I (ou Ahhotep I), comme l'indique une inscription sur un vase du Sinaï. Elle est la sœur et l’épouse du Roi Ahmès I (ou Ahmôsis, 1549-1525/24), premier Roi de la dynastie. Elle l'épouse entre l'an 18 de son règne, car elle est absente de la stèle de Hanovre, datée de cette date, et l'an 22, où là elle est mentionnée sur la stèle de Maasara. Elle va survivre à son époux et passe aussi tout le règne de son fils Amenhotep I (1525/24-1504) et est encore présente aux côtés de la Reine Ahmès (Peut-être sa petite-fille), Grande Épouse Royale de Thoutmôsis I (1504-1492).
Certains spécialistes pensent qu'elle exerça une sorte de "corégence" avec Ahmès I, tant son implication et association au pouvoir avec son époux a été importante. Ce qui est sur c'est qu'elle est un des grands personnages politiques du début de la dynastie. Après la mort d'Ahmès I, elle participe activement au redressement de l’unité du pays, sur les plans économique et politique, que son fils met en place.
La Reine forme d'ailleurs avec Amenhotep I un couple qui fut divinisé. Tous deux deviennent pour les Égyptiens les protecteurs et maîtres de la ville de Thèbes. Leur image sera présente dans des tombes de notables de la capitale. Ahmès-Néfertari I sera particulièrement vénérée à Deir el-Médineh. Célébrée comme l'ancêtre bienfaisante des dynasties suivantes, elle est représentée avec les mêmes attributs qu'une Déesse. Elle est notamment assimilée à Isis et Hathor. On retrouve ses titres (voir ci-dessus) sur la stèle de la donation et la sur la stèle de Maasara. Celle-ci a été trouvée lors des fouilles de la nécropole d'el-Maasara (Quartier d'Helwan ou Hélouan, Sud d'el-Maadi, au Caire). Sur cette stèle, on voit l'inscription de la date d'un titre de trésorier du Roi, ainsi qu'une évocation de la Reine Ahmès-Néfertari I. La Reine est aussi à l'origine d'un très grand nombre de travaux de reconstruction de temples. Son nom apparaît sur de nombreux monuments de Saï à Tura. C'est une femme très religieuse et alors qu'elle porte le titre de Grande Épouse Royale (HmT nswt wrT) elle sera la première à exercer officiellement la fonction sacerdotale d'Épouse du Dieu Amon. Elle fera édifier une stèle célébrant l'instauration de cette fonction. Fonction qui évoluera lors de la Troisième Période Intermédiaire où le ministère "d'Épouse du Dieu Amon" sera attribué à une des filles du Pharaon (Voir les Divines Adoratrices d'Amon). En l'an 18 (ou 22) du règne d'Ahmès I, elle renonce à ce titre pour prendre celui de "Divine Épouse d'Amon". Cette fonction ayant aussi pour but de resserrer les relations entre la dynastie et le clergé d'Amon.
Le texte de la stèle mise au jour dans le temple de Karnak, explique clairement la fondation et les principales retombées économiques qui furent consécutives à la création de cette fonction. Par cette charge, la Reine va bénéficier d'une donation en propriétés terriennes, en mobilier, en demeures, en bijoux et onguents, en vêtements, qui lui permettra d'entretenir l'institution religieuse et économique qu'elle fonde. Ce collège de Prêtresses à Karnak, sera une véritable institution dans la religion d'Amon. Certains égyptologues affirment qu'elle n'a pas occupé le poste elle-même, mais que le titre lui a été donné à titre posthume. Ahmès-Néfertari I va participer à un grand nombre de cérémonies qu'elle dirigera. La puissance et le prestige de la Reine va devenir extrêmement important. Elle deviendra la contre partie féminine du Grand Prêtre d'Amon, occupant la tête du clergé Thébain. Elle gardera une notoriété posthume, qui lui vaudra jusqu'à la Basse Époque d'être représentée sur de multiples objets, statues et statuettes. On a retrouvé 70 scarabées à son nom. On a également mis au jour plusieurs stèles qui la mentionnent. Notamment deux qui ont été trouvées dans les carrières de calcaire de Ma'Sara et qui datent de l'an 22 du règne d'Ahmès I. Celles-ci la présentent comme : Grande Épouse Royale (HmT nswt wrT) et Mère du Roi (mwt-niswt). Ce dernier titre pose une interrogation aux spécialistes, car du fait qu'elles furent érigées sous le règne d'Ahmès I, cela voudrait dire que son fils Amenhotep I fut couronné du vivant de son père et donc qu'il y eut une corégence ?. La question reste posée. Elle sera la dernière Reine à être adorée comme une divinité dans un culte funéraire de Thèbes jusqu'à l'époque du Grand Prêtre d'Amon, Hérihor (1080-1074) au début de la XXIe dynastie. Ahmès-Néfertari est figurée la plupart du temps avec la peau noire et les attributs d'une Déesse, comme sa statue en bois bitumée, coiffée de hautes plumes, qui était promenée lors des processions (Aujourd'hui au musée du Louvre). Elle est enterrée, avec son fils, dans la nécropole Thébaine, de Dra Abou el-Naga, mais sa momie se trouvait dans la cachette de la tombe DB320 de Deir el-Bahari, découverte en 1881. Son examen permet d'affirmer qu'elle était vraiment de peau blanche et qu'elle mesurait 1 m 61. Elle serait décédée à l'âge de 55/60 ans (D'autres sources donnent 70 ou 75 ans). Le tombeau ANB d'Amenhotep I et de sa mère a été découvert avant 1907. Pour Howard Carter, le tombeau a contenu la double sépulture. La tombe semble avoir été creusée en deux fois et la chambre funéraire a été prolongée. Les changements peuvent refléter l'expansion du tombeau pour la Reine Ahmès-Néfertari I ou pour recevoir le ré enterrement du Roi. Dans le tombeau il y avait des fragments de vase en pierre avec des inscriptions d'Apophis, de la Princesse Heret, du Roi Ahmès I (ou Ahmôsis, 1549-1525/24), d'Ahmès-Néfertari I et d'Amenhotep I. Ahmès-Néfertari a cinq ou six enfants avec Ahmès I: Trois ou quatre fils : ▪ Ahmès-Sipair (ou Ahmosé-Sipair ou Ahmosé Sapaïr). Il y a peut-être confusion avec le Ahmès-Sipair probablement fils du Roi Séqénenrê (ou Taâ II, 1558-1554) et de la Reine Iâh-Hotep I (ou Ahhotep I). Ce Prince est aussi souvent confondu avec un autre enfant d'Ahmès I, Ahmès-Ânkh (ci-dessous). Il est semble t-il mort jeune. Siamon (ou Siamun ou Saamen, "Fils d'Amon"), qui serait son 2e fils. Lui aussi serait mort très jeune, encore enfant. Sa momie a été retrouvée avec celle de son père et de sa mère dans la cachette de la tombe DB320 de Deir el-Bahari, découverte en 1881.
▪ Amenhotep I qui est son troisième fils et qui succède à son père. Il épousera sa sœur Ahmès-Méritamon.
▪ Ahmès-Ânkh (ou Ahmosé-Ânkh), dont on ignore tout. Il n'est représenté que sur un blocs à Karnak, actuellement au musée de Louxor, et en tant qu'aîné des fils d'Ahmès I et Prince héritier, au côté de ses parents, sur la "stèle de la donation". Cette stèle se trouve aussi aujourd'hui au musée de Louxor. Il mourut semble t-il jeune, avant son père. Selon certains spécialistes, il ne serait qu'un seul et même personnage avec Ahmès-Sipair (ou Ahmosé-Sipair ou Ahmosé Sapaïr), ci-dessus, autre Prince donné comme fils d'Ahmès I, mais aussi de Séqénenrê (ou Taâ II, 1558-1554) ?.
Deux ou trois filles :
▪ Ahmès-Méritamon (ou Meritamun ou Ahmosé-Mérytamon), "Enfant de la Lune, bien-aimée d'Amon", sa file aînée, qui devient la Grande Épouse Royale de son frère d'Amenhotep I. Sa momie a été retrouvée avec celle de son père et de sa mère dans la cachette de Deir el-Bahari. Elle est probablement morte jeune à une trentaine d'années.
▪ Sitamon (ou Ahmosé-Sitamon ou Sat-Amon ou Ahmès Sat-Amon), "Enfant de la Lune, fille d'Amon", elle est, selon beaucoup de spécialistes, la deuxième fille probable d'Ahmès-Néfertari I. Elle portait les titres : d'Épouse du Dieu vivant (HmT-nTr), Fille du Roi (s3T-niswt-nt) et Sœur du Roi (snt-niswt). Sitamon est peut-être morte très jeune, comme le montre sa momie retrouvée sur une natte de roseaux dans un cercueil d'enfant, dans la cachette de Deir el-Bahari. Cependant, cette momie était dans un très mauvais état et il y avait à côté d'elle d'autres morceaux de momie qui rendent très difficile une reconstruction. La momie avait une blessure au crâne et il n'y avait que quelques os. On ignore encore si cette "blessure" a un rapport avec sa mort, ou est due aux pilleurs de tombes qui l'auraient endommagé. Certains spécialistes avancent qu'elle aurait pu être ré inhumée ultérieurement, au cours de la 8e année du règne de Psousennès I (1039-991). ▪
Iâh-Hotep III (ou Aahotep ou Ahhotep) qui serait la troisième fille de la Reine. Selon de nombreux spécialistes, elle serait la sœur et une des épouses d'Amenhotep I et selon Nicolas Grimal (entres autres) la mère d'Aménémès (ou Amenemhat), qui mourut en bas âge
Manéthon l'appelle Sebercherês ou Seberchérès et lui compte sept ans de règne. Le Papyrus de Turin a une lacune sur son nom et lui en compte quatre ans, il en est de même pour la Liste de Saqqarah. Par contre, il est mentionné sur la Pierre de Palerme. Selon certains spécialistes, il n'aurait peut-être pas régné tout de suite après la mort de son père, quoi qu'il en soit la durée exacte de son règne est encore aujourd'hui pure spéculation. Sa dernière année connue serait celle où un premier décompte du bétail, aux fins de recouvrement de l'impôt, aurait eu lieu. Comme on ne sait pas si ce comptage avait lieu tous les ans ou tous les deux ans la durée de règne du Roi serait entre 3 et 5 ans. La majorité des égyptologues ont adopté pour une longueur de 4 à 5 ans. Sa première année nous est en partie connue par la Pierre de Palerme. Il serait monté sur le trône le 25e jour, du 4e mois (Pharmouti) de la saison Peret.
Il édifie pour lui-même un curieux monument au Sud de Saqqarah qui n'est pas une pyramide, mais est une forme de mastaba. Des restes de statues à l'effigie du Roi ont été retrouvés dans ce complexe funéraire dont deux têtes exposées au musée du Caire. Le fait que Shepseskaf ne construise pas son tombeau au même endroit que ses prédécesseurs, est vu par certains égyptologues comme un signe de changement de religion et de croyance. Sous son règne on assiste en effet à la remise en question du culte de Rê et le Roi aurait souhaité ne pas construire en face d'Héliopolis.
D'autres spécialistes y voient comme une volonté de se démarquer de la politique de ses ancêtres. Certains donnent comme preuves que les immenses constructions de Khoufou (ou Khéops) et de Khafrê (ou Khéphren) avaient complètement épuisées les richesses de la famille royale. Ce dernier argument, cependant est contredit par le fait que Shepseskaf ait terminé le temple funéraire de son père Menkaourê. Dans l'attente d'autres découvertes le débat reste ouvert.
Shepseskaf à deux épouses.
¡ñ Sa demi-sœur (ou sœur) Khentkaous I (Selon certaines sources) qui occupe une place importante entre les deux dynasties, mais il y a une polémique entre les égyptologues sur son histoire. Soit elle est l'épouse de Shepseskaf, soit celle d'Ouserkaf (2465-2458, Ve dynastie) qui est aussi donné comme son fils. Il y a pratiquement les mêmes suppositions sur cette Reine que sur Néferhétepès, en tout cas en ce qui concerne son mariage éventuel avec Ouserkaf.
¡ñ Bounéfer, qui selon quelques spécialistes serait la fille de Shepseskaf et aurait pratiqué elle-même les rites funéraires lors de l'enterrement de celui-ci. Elle est enterrée à Guizèh (G8408). Elle lui donne deux enfants :
▪ Djédefptah, dont la filiation est contestée par certains, qui lui succède. ▪ Khâmaât qui épouse le Grand Prêtre de Memphis, Ptahshepses (ou Ptahchepsès)
Merneith, dont on trouve aussi l'écriture de son nom en : Meret-Neith ou Meritnit ou Meryet-Nit ou Meryt-Neith, est une Reine d'Égypte de la Ière dynastie (v.3040-2828). C'est l'une des personnes les plus litigieuses de la période archaïque. L'égyptologue Jean-Philippe Lauer propose une hypothèse de parenté, il la situe comme fille d'Horus Djer (2974-2927). Manéthon indique que la Reine Herneith, dont on attribue la tombe S3507 à Saqqarah, serait la mère de Merneith. Cette idée qu'elle fut la fille du Roi Horus Djer et de la Reine Herneith, même si aucune preuve n'a été trouvée pour appuyer de cette théorie, est largement reprise aujourd'hui par les spécialistes. Elle aurait été à la fois une demi-sœur, une compagne, une Régente, et, éventuellement, le cinquième "Roi" de la dynastie. Tous les chercheurs ne sont pas d'accord avec l'éventualité qu'elle pourrait effectivement avoir régné. Un sceau qui a été découvert dans la tombe "T" d'Oumm el-Qaab, de son fils Horus Den (2914-2867) à Abydos, nous confirme que "L’aimée de Neith" est l’épouse et la demi-sœur d'Horus Djet(2927-2914).
La position exacte que Merneith a tenue est donc fortement contestée. Le nom de Merneith est formé avec celui de la Déesse de la guerre de la Basse-Égypte, Neith, dont les insignes, bouclier et flèches, sont présents sur de petites étiquettes que l'on a retrouvée ainsi que sur la grande stèle d'Abydos. Neith, avait son lieu de culte à Saïs. Que la Reine fut originaire du Delta est donc une hypothèse plausible, mais cette idée n'est pas encore confirmée.
Le règne d'une femme au milieu de la Ière dynastie peu s'expliquer par le fait que son mari, Horus Djet (2927-2914) pourrait avoir trouvé la mort après un règne de dix ou quinze ans. Le fait est que Merneith semble être parvenu au trône à l'occasion du décès de son époux.
Probablement qu'Horus Djet a commencé à régner alors qu'il était déjà âgé, son prédécesseur Horus Djer ayant eu un règne assez long, et son fils Horus Den pourrait avoir été trop jeune pour prendre le trône, Merneith ayant alors statuée comme Régente. Compte tenu du manque de document historique sur la Ière dynastie, les preuves pour appuyer le fait que Merneith fut élevée au rang de "Roi" sont très rares. Car quoi qu'il en soit, il n'y a pas de titre ou Sérekh qui pourrait préciser la position que Merneith a occupée. Seule la stèle peut faire penser qu'elle était une personne d'un statut assez comparable à celui d'un Roi. Une explication proposée pour la rareté des éléments de preuve au sujet de l'état de Merneith est que tous les documents de son règne ont été réutilisés avec le nom d'Horus Den.
Jusqu'à présent la Reine est la seule femme connue de cette dynastie, à avoir été mise à l'honneur avec deux monuments funéraires. D'autres femmes de l'époque ont servi comme Régente, comme la Reine Neith-Hotep, et ont eu de grandes tombes, mais elles étaient sensiblement différentes de celles des Rois et n'avaient pas de lieu de culte. La présence d’une tombe (Y41) pour elle toute seule, érigée près de celle de son époux Horus Djet, à Oumm el-Qaab, peut faire penser à un règne personnel de cette Reine. Surtout que normalement la nécropole d'Oumm el-Qaab était réservée pour les sépultures des Rois.
Merneith à un seul enfant connu avec le Roi Horus Djet, un fils Horus Den (ou Oudimou) qui succède à son père (2914-2867).
Le monument funéraire dédié à Merneith à Saqqarah (tombe S3503) a été trouvé avec ceux de cinq autres Rois de la même période. Son tombeau (Y41) d'Abydos est proche de celui de son époux Horus Djet (Z). C'est l'un des tombeaux les plus grands du site : 16,50 m. x 13,90 m. sur 2,70 m. de hauteur pour ses dimensions extérieures, et l'un des plus raffinés de cette époque construits dans la nécropole royale. La tombe contenait une grande chambre dont les parois de l'infrastructure étaient recouvertes de briques crues. On y trouve huit petits magasins étroits entourant la chambre funéraire. Il contenait une partie du mobilier funéraire. On y a trouvé de nombreux bocaux scellés. Le plafond de cette dernière était en bois. C'est dans la chambre funéraire qu'a été retrouvée la stèle de la Reine. Sa tombe proprement dite est entourée de 41 tombes secondaires.
Divinité protectrice du foie des morts. Elle est représentée sous la forme d’un homme momifié. Son lieu de culte est associé à la ville de Bouto, dans le Delta du Nil. Il est l’un des quatre génies funéraires anthropomorphes, appelés "Les fils d'Horus". Ils avaient pour mission de garder les viscères du corps du défunt. À partir de la fin de la XVIIIe dynastie, les bouchons des vases canopes sont modelés à l’image des Divinités qui les protègent.
Le vase canope qui renferme le foie protégé par Amset, à un couvercle qui représente une tête humaine. Pour que le pouvoir s’accomplisse et qu’il protège les organes momifiés, ce Génie doit être associé à une Déesse et à un point cardinal. Pour Amset c’est le Sud et la Déesse Isis.
Déesse dévoreuse des morts et plus particulièrement du cœur des défunts. Autres noms: Ahemait, Amam, Ammemet, Ammit, Ammut. Elle est représentée avec un corps d’hippopotame, une tête de crocodile et des pattes avant de lion. Après le règne d'Akhénaton elle figure sur presque toutes les scènes peintes représentant le jugement du mort par le tribunal d'Osiris.
On la trouve aux côtés de Thot et d'Osiris, dans la salle de ce jugement des deux vérités. Lors de la cérémonie de la pesée du cœur. Le cœur du défunt était déposé sur une balance dont le contrepoids était la plume de la vérité (Maât). Si le cœur du défunt était plus lourd que la plume de Maât, le mort n’était pas accepté à vivre dans l'au-delà. Son cœur était alors jeté à Ammout en pâture et Aucun coupable ne pouvait échapper à son sort. Son rôle était donc de purifier le monde divin en éliminant les humains jugés indignes de continuer à vivre dans l'au-delà.
Dans l'antiquité égyptienne, l'uræus (prononciation : [y.ʁe.'ys]) est le cobra femelle qui a pour fonction de protéger le pharaon contre ses ennemis. C'est également une puissante déesse, principalement incarnée par Ouadjet (cobra de Bouto). La déesse Ouret-Hékaou (serpent, ou lionne) la personnifie aussi.
Dans la mythologie égyptienne, l'uræus est encore l'œil de Rê (et sa fille), soit une déesse solaire. On le retrouve la plupart du temps représenté sur la coiffe de pharaon dont il est l'un des attributs. Généralement dressé sur le front, l'uræus peut aussi orner multiplement la couronne et les bandeaux royaux (voir le buste de Néfertiti, Ägyptisches Museum). Il est parfois représenté gravé en relief sur les murs des temples funéraires.
Le terme uræus est dérivé du grec οὐραῖος / ouraĩos, « caudal », via le latin, mais le nom égyptien est iaret (en transcription traditionnelle : j ˁr.t), « le cobra dressé » :
Manéthon l’appelle Psusennês et lui compte quarante six ans de règne (Africanus). Il est le fils du Grand Prêtre Pharaon Pinedjem I et de la Reine Hénouittaoui I. Il est Co-Pharaon de 1043 à 1039 dans le Nord avec Amenemnesout et dans le Sud de 1043 à 1032 avec son père, puis devient Pharaon de 1032 à 991. Il est l’instaurateur en Basse-Égypte d’une monarchie dominée par la théologie Thébaine.
Son activité est surtout marquée par la fondation du temple d'Amon à Tanis, qui se veut être une réplique de celui de Thèbes. À cette époque les Rois des Hébreux Saül (1030-1010) et David (1010-970) fondent les bases du royaume de Juda et d'Israël sans que l'Égypte n’intervienne. Les faits au sujet de la politique extérieure de son règne sont très incertains, il a probablement gardé des contacts commerciaux avec l'Assyrie, comme c'est avéré dans une inscription en cunéiforme sur des bijoux trouvés dans son tombeau.
Il est enterré à Tanis. Son tombeau (3 ou NRT III), a été découvert par Pierre Montet en 1939/1940. Malheureusement, cette partie de l'Egypte est très humide et la plupart des objets en bois ont été détruits par l'eau Son sarcophage extérieur est fait de granit rose, il aurait appartenu en premier à Mérenptah (1213-1203). Celui de l'intérieur est en granit noir. Pierre Montet a trouvé beaucoup de trésors dans cette tombe : Un masque fait de lapis-lazuli, d'or et d'argent, de l'or, des poteries, de la vaisselle sacrée et des bijoux funéraires en argent. Malheureusement sa momie est très endommagée. Les examens pratiqués dessus on permis de découvrir que le Roi souffrait d'arthrite. Psousennès I a deux épouses. ¡ñ Moutnedjémet (ou Mutnedjmet ou Moutnedjémer), sa sœur, qui lui donne trois enfants : - Aménémopet qui lui succède et avec qui il est censé avoir eu une bref corégence pendant deux ans. - Ramsès Ânkhetenmout et Makarê. ¡ñ Ouiai (ou Wiai), qui lui donne une fille : - Isetemkheb III (ou Isiemkheb) qui épouse son oncle le Grand Prêtre d'Amon Menkhéperrê (1045–992).
Sobek est le fils de la déesse aquatique Neith et du dieu du Senuy. Son statut de dieu de l’eau et de l’inondation le fait adorer partout dans le delta du Nil, le Fayoum et surtout à Kôm Ombo, son sanctuaire principal, où il a Hathor pour parèdre, bien que la plupart du temps, aucune compagne divine ne lui soit attribuée.
La présence de crocodiles dans le Nil était pour les Égyptiens l’annonce d'une crue favorable aux récoltes : les crocodiles étaient donc des animaux sacrés à cette époque. Maître des eaux, dieu qui irrigue les champs, il est aussi associé à la fertilité.
Vers la Basse époque, les Égyptiens cherchent à gagner ses faveurs afin d’en avoir moins peur en lui offrant des figurines représentant l’animal portant le disque solaire orné du cobra protecteur. Il deviendra rapidement un dieu important dans le panthéon sous la forme syncrétique de Sobek-Rê.
Il est parfois représenté sur la barque solaire en train de terrasser le serpent géant Apophis, personnification du chaos, monstre essayant d'engloutir le Soleil. Ce rôle de protecteur de la barque solaire est aussi attribué à la déesse Sekhmet ou bien encore au dieu Seth.